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Dernière mise à jour : 04.11.2009
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Le coin des lecteurs

Rencontre d’un « papillon fleuré » et d’une « fleur papillonnée »

Publié le 30/06/2009 à 09:58 par musimot
Il venait de quitter sa phase de chrysalide et avait eu très tôt envie de parcourir le monde tellement il était avide d’en connaître les moindres détails. Il voulait tout voir de ses propres yeux, tout appréhender de ses propres ailes comme si elles le démangeaient. Il est vrai qu’à l’état de chenille, il avait été balloté à droite et à gauche sans vraiment se sentir aimé ni compris dans ses aspirations qui n’étaient pas celles de son clan. Il s’adonnait à des activités nocturnes, celles des «papillons-artistes » et ce n’était pas du goût de ses parents. C’était un Likénée rouge qui harmonisait sa coloration avec celle du milieu où il vivait. Il allait de musées en cimetières de papillons, aimait visiter les monuments ou les maisons de ses pairs artistes dont il cherchait à s’imprégner de la quintessence avec ses antennes, pour alimenter son inspiration.C’était aussi un papillon-écrivain qui décrochait des mots partout où il passait, cueillait des idées puis, il les enveloppait sous ses ailes. Après avoir virevolté avec ses amis, il se retirait dans son cocon.et là, il se transformait en magicien. Il trempait son antenne dans l’encrier rempli de rosée teintée et remplissait des parchemins à l’aide des mots qu’il avait choisis au cours de ses pérégrinations. Il les assemblait en écrivant de magnifiques poèmes ou de courtes nouvelles. A force d’écrire, il prit conscience que l’écriture pourrait peut-être devenir pour lui une libération de ce qui le hantait. Il décida alors d’écrire sa propre histoire…
Non loin de là, vivait une fleur qui se distinguait des autres fleurs qui l’entouraient, par ses talents. Elle avait la particularité de faire jouer les rayons du soleil avec ses pétales blancs, de faire vibrer les cœurs en les agitant en une douce harmonie. C’était une grande marguerite à la tige élancée qu’elle balançait comme un chef d’orchestre. balance son corps en agitant sa baguette. Elle créait des mélodies fleuries qui adoucissaient un peu les mœurs des humains qui se complaisaient de plus en plus dans leur nombrilisme. Sa passion pour la musique transpirait à travers chacun de ses pétales et devenait communicative. Les fleurs de son entourage s’étaient d’ailleurs laissées prendre au jeu et lui demandaient sans cesse de les initier. Elle aimait aussi figer l’éphémère à travers des photographies, croquer des instants inattendus à travers ce qui se déroulait autour d’elle. A la voir, tout semblait lui être facile car elle cachait ses angoisses, ses appréhensions, ses saturations derrière un humour toujours présent. C’était une fleur très chaleureuse et sans histoires…
Un jour, une fête fut organisée dans le jardin où vivait la marguerite. Le Likénée y fut invité. Il y avait beaucoup de monde ce jour-là mais le hasard voulut que le papillon se posât juste en face de la fleur lors du repas fait de nectar préparé par les hôtes du jardin.. Ils se regardèrent, se parlèrent puis, au fil de la conversation, le papillon sentit ses ailes s’agiter et les pétales de la fleur se mirent à onduler. Le papillon s’approcha de la marguerite et la frôla de son aile. Leur cœur battit alors à l’unisson..Hélas, la fin de la journée approchait et l’insecte devait rejoindre son cocon. Ils se promirent de se revoir et se quittèrent d’un geste d’ailes et de pétales. Le papillon revint souvent visiter sa nouvelle amie. Ils firent plus ample connaissance, partagèrent leurs passions respectives et finirent par décider d’unir leurs talents. Mais comment la marguerite allait-elle pouvoir suivre son bien-aimé, elle qui était ancrée dans la terre avec ses racines ? Comment le Likénée allait-il faire pour rester auprès de celle qui l’avait séduit, lui qui avait sans cesse le besoin de bouger ? Ce dilemme allait-il les éloigner l’un de l’autre ?
Leur désir de vivre ensemble fut si grand que la nature décida d’y pourvoir. Un soir de pleine lune, alors que le papillon avait choisi de rester auprès de sa marguerite malgré ses envies de voler, il se passa un évènement peu ordinaire : les pattes de l’insecte se multiplièrent sous forme de petites racines qui le retenaient au sol. et quatre pétales de la fleur se déployèrent en de belles ailes multicolores. Le papillon devint alors un « papillon fleuré » et la fleur devint une « fleur papillonnée ». Ils allaient pouvoir désormais ensemble sonder la Terre et parcourir les airs, au gré de leurs envies. Il ne leur restait plus qu’à concilier ces dernières car le papillon avait toujours l’âme papillonnante malgré ses racines et la fleur, bien qu’ayant quelque envie de voler un peu grâce à ses ailes pour accompagner son ami, aspirait à une certaine tranquillité car la vie dans son jardin était plutôt agitée au milieu de toutes les fleurs qui la surmenaient…
Mô le 25 juin 09



Hasard ou Coincidences ? - Nouvelle

Publié le 19/05/2009 à 09:30 par musimot
HASARD ou COINCIDENCES ?

Comme la plupart des évènements et des situations
présentent un aspect positif et un aspect négatif,
le danger est d’accorder toute son attention au côté négatif.
Evidemment, il ne faut pas se leurrer et ne voir que ce qu’il y a de bon ;
mais il ne faut pas non plus s’appesantir sur le mal,
car alors on ne voit plus le bien.

Omraam Mikhaël Aïvanhov

Ce samedi-là, s’annonçait comme un jour idéal pour se prélasser et profiter du temps encore estival. Tôt le matin, l’air était déjà chaud et le ciel, vierge de tout nuage, faisait place à un soleil radieux. Ses rayons qui se reflétaient dans l’eau de la piscine, au fond du jardin, semblaient inviter les amateurs à un plongeon matinal. Mais, Rémi Philereux déclina l’invitation malgré la chaleur, et préféra se réinstaller dans le hamac qu’il avait suspendu entre deux arbres fruitiers et dans lequel il venait de passer la nuit, les poings fermés. Il avait besoin de décompresser après le long parcours de la veille et, avant le début d’une nouvelle année scolaire.

Il avait rejoint Marseille en bateau depuis Bastia. La traversée lui avait paru longue en raison d’une mer agitée. Malgré cela, il avait décidé de poursuivre d’une traite son voyage jusqu’au Puy, avec sa voiture. Il était tellement pressé de rentrer chez lui qu’il en oublia de boucler sa ceinture de sécurité, ce qui n’échappa pas aux policiers postés à quelques kilomètres de la sortie de l’autoroute. Ils l’arrêtèrent et il accepta de payer sur le champ l’amende, même si son compte bancaire était dans l’orange. Son salaire qui allait être viré le remettrait dans le vert.

Les cheveux encore en broussailles, il savoura un jus de fruits fraîchement pressés après avoir bu, à petites gorgées, un verre d’eau plate : c’était son rituel du matin avant le petit déjeuner. Il s’étendit dans le hamac et s’abandonna à ses rêveries. Il aimait beaucoup rester ainsi allongé, en laissant son regard se perdre dans le bleu du ciel et ses oreilles se délecter du chant des oiseaux. Merles, pies et moineaux volaient à tire-d’aile en pépiant et se faisaient parfois des remontrances dans le tilleul, devenu leur hôte. Un couple d’hirondelles se relayait sous le toit de la maison où était logé un nid douillet. Sans doute, devaient-elles donner les dernières recommandations à leurs progénitures qu’elles nourrissaient inlassablement dans des allées et venues continuelles. Au loin, lui parvint le cri des mouettes qui survolaient la Loire et qui devaient être en quête de quelque pitance. Des abeilles s’affairaient dans les fleurs rescapées de la sècheresse, en bourdonnant à qui mieux mieux. Un papillon noir et jaune vint se poser sur sa main. Il hésita un instant puis, il prit son envol. Tout ce monde fourmillait dans cet espace clos, habité aussi par deux poules qui ne se lassaient pas de picorer dans l’herbe un peu jaunie par le manque d’eau. Elles allaient d’un bout à l’autre du jardin, se disputant parfois un ver de terre délogé d’un coup de patte. Une course effrénée s’engageait alors et déclenchait l’aboiement de Tyscott et Guytan, les deux chiens de la maison qui s’étaient réfugiés sous le hamac et qui ne supportaient pas de voir ces bêtes à plumes s’agiter de la sorte. Il faut dire que les deux « quatre pattes » étaient plutôt du genre fainéant et qu’en aucune manière, il ne fallait perturber leurs longues siestes prolongées, même si elles étaient du matin ! Le moindre bruit ou la moindre agitation déclenchait de leur part un duo auquel on mettait fin par un simple «Chut ! C’est fini ! ». Ils se recouchaient alors et reprenaient le cours de leurs rêves de chiens. Tandis que Guytan ne dormait que d’un œil et restait aux aguets, Tyscott se laissait sombrer dans un profond sommeil. Il était parfois secoué de soubresauts en émettant de petits gémissements : peut-être rêvait-il, à ces moments-là, à l’une de ses dernières conquêtes dont on l’avait soustrait de force ? Il se redressait parfois d’un bond, lorsque son compagnon donnait l’alerte. Il s’époumonait alors de sa voix aigüe, sans savoir pourquoi, ni après quoi il aboyait ainsi en courant aux quatre coins du jardin. Il manifestait également une profonde antipathie à l’égard des chats qui osaient se hasarder sur son territoire. Lors de ces intrusions, il entrait dans une furie indescriptible qui ne s’apaisait que lorsque l’intrus était reparti, après avoir lui-même opposé une certaine résistance. La voix très autoritaire de Tyscott avait souvent raison sur cet adversaire audacieux. Rémi avait tenté maintes fois de le raisonner, comme il avait pu le faire avec les poules, en lui montrant de près « cet étrange animal » mais ce fut en vain. Mis à part ces déchaînements soudains et parfois un peu acharnés, nos deux compères étaient d’adorables petits compagnons dont Rémi avait beaucoup langui durant ce mois d’août qu’il avait passé en Corse, pour aller y puiser l’inspiration de son prochain roman.

Il était professeur de français et de philosophie et, écrivain à ses heures perdues. Il avait déjà publié trois romans et s’apprêtait à relire sa dernière Nouvelle qui n’avait pas encore de titre, avant de la confier à son éditeur. Mais, auparavant, il avait une montagne de courrier à dépouiller. Ses voisins avaient vidé chaque semaine sa boîte aux lettres et lui en avaient remis le contenu à son arrivée. Il leur avait aussi confié, pendant son absence, le soin de ses animaux à deux et quatre pattes et ils s’étaient acquittés parfaitement de leur tâche. Pour les remercier, Rémi leur a rapporté du Brocciu frais et un bon fromage sec de brebis fermier.

Il but une dernière gorgée de jus de fruits, posa son verre sur la table qu’il avait placée à proximité de lui. Il ouvrit, une à une, les enveloppes posées sur la table, avec le coupe-papier en bois sculpté qu’il avait rapporté de Madagascar. Il y avait beaucoup de publicités qu’il laissa tomber sur le sol, quelques magazines auxquels il était abonné, des cartes postales de diverses régions de France et de pays étrangers, envoyées par des amis qui s’étaient exilés durant l’été, une contravention datant du jour de son départ où il avait un peu trop appuyé sur l’accélérateur et un deuxième rappel d’impôts qu’il avait omis de payer. En fait, il avait bien rédigé le chèque de paiement mais, ce dernier était resté près du téléphone. Ces deux dernières nouvelles le rendirent soudain furieux : son compte bancaire allait être, cette fois-ci, dans le rouge. Il sauta du hamac, prit le tas de publicités qui jonchaient le sol et alla les jeter dans le container à papiers situé à côté de la maison. Au moment où il allait rabattre le couvercle, il aperçut une enveloppe qui attira son attention. Elle avait été postée à Lyon et elle n’était pas ouverte. Elle avait dû se glisser entre les prospectus. Il la décacheta, en lut le contenu d’un air distrait, puis il rentra chez lui pour chercher le chèque que le Trésor Public lui réclamait avec une nouvelle majoration. Lorsqu’il le prit entre ses doigts, la lettre qu’il venait de lire tomba à ses pieds et laissa apparaître une date qui avait échappé à son attention. Il était convoqué à Lyon pour la réunion du jury dont il faisait partie, le samedi 30 août à 14h30, dans les bureaux de l’Académie. Un concours de poésie, qui avait pour thème « La nuit », avait été organisé au début de l’année et il avait été choisi comme membre du jury. En raison des grèves des enseignants, la réunion prévue en juin avait dû être reportée à une date ultérieure.
- « Samedi 30 août ! Mais c’est aujourd’hui ! Je n’ai pas une minute à perdre ! » pensa-t-il.
Il se précipita aussitôt dans la salle de bains, dut se contenter d’une douche froide car il n’avait pas rebranché la chaudière, s’habilla en toute hâte, prit un sac dans lequel il mit quelques affaires personnelles, sa Nouvelle et ses papiers, puis il courut au garage chercher sa voiture.
Là, stupeur ! Une mare d’huile recouvrait le sol. Il ouvrit le capot, tira la jauge, l’essuya, la repositionna, la ressortit : il n’y avait plus une goutte d’huile dans le moteur et pas davantage dans le bidon de secours qu’il n’avait pas remplacé ! Il ne lui restait plus qu’à prendre le train. Vite, il fallait qu’il se renseigne sur les horaires. Il sortit alors son téléphone portable du sac : « recharger batterie » s’afficha sur l’écran. Il retourna chez lui mais, la clé de la porte d’entrée n’était plus dans sa poche. Il revint sur ses pas, la trouva enfin : elle était tombée lorsqu’il avait ouvert le capot de la voiture. Il appela la SNCF qui tarda à lui donner les renseignements souhaités car toutes les lignes étaient occupées. Un employé finit par lui annoncer qu’il y avait un train à 10h39, avec un changement à St Etienne d’où il repartait à 12h14 pour arriver à Lyon-Part-Dieu à 12h54. Cela lui laissait largement le temps de prendre le métro et de se restaurer avant la réunion. Tout allait pour le mieux pourvu qu’il arrive à temps…

Il alla sonner chez ses voisins pour leur demander de le conduire à la gare. Hélas, ces derniers étaient déjà partis. Par chance, Simon Envers, son meilleur ami qui venait lui rendre visite, lui proposa de jouer au chauffeur de taxi. Mais, la circulation dans le Puy était très dense en ce dernier week-end d’août. Ils durent faire des détours par des petites rues pour éviter les longues files d’attente devant les feux qui s’éternisaient sur le rouge et semblaient zapper le vert. Ils arrivèrent enfin à la gare, cinq minutes avant le départ du train : juste le temps d’acheter son billet qu’il glissa dans une poche de sa veste, en oubliant de le composter. Il rejoignit le quai et fut soulagé par la présence de deux trains qui étaient en gare. Soudain, en apercevant le chef de gare, il réalisa sa méprise, fit demi tour et plongea la main dans une poche. Ce n’était pas la bonne ! Il fit une tentative dans la seconde mais ne trouva rien. Où donc était ce maudit billet ?! Ses gestes s’accélérèrent, il se mit à s’agiter dans tous les sens en maugréant, entra dans une gestuelle peu commune qui attira le regard amusé des voyageurs. Il quitta la veste pour y sonder toutes les ouvertures et finit par trouver l’objet de ses recherches dans la doublure qui était décousue. Il se précipita vers le composteur qui manifesta quelque faiblesse, avant de se décider à valider le titre de transport. Ouf ! Sauvé ! Le ciel était encore avec lui : le départ du train venait d’être retardé à cause d’un léger incident sur la voie. Soulagé, il songea au sujet qu’il avait choisi lorsqu’il avait passé l’épreuve de français du baccalauréat: « Va doucement, Jean, je suis pressé ! » extrait du livre « La modification » de Michel Butor. Il n’avait pas dû être bien inspiré ce jour-là, car il avait obtenu la note de 3/20 mais, cela ne l’avait pas empêché de réussir son bac l’année suivante.

Il sauta dans le premier wagon qui était bondé. Jouant des coudes et avançant à coups de « pardon ! », il alla dans le second où toutes les places étaient réservées. Il dut se rendre jusqu’au dernier pour trouver une place libre, située près de la fenêtre. Epuisé, il s’assit et aperçut l’autre train qui disparaissait au loin. Les portières se refermèrent, le train s’ébranla. Il allait enfin avoir un peu de répit après toutes ces émotions. Il tira de son sac sa dernière Nouvelle qu’il avait achevée sur la plage de Barcagio. Il en relut quelques lignes puis s’assoupit.

Il se revit à Bastia où l’avait accueilli Maryse, une femme de caractère et pour qui l’histoire de la Corse n’avait point de secrets. Elle était à elle seule une encyclopédie vivante et savait partager ses connaissances historiques et géographiques avec beaucoup d’humour. Elle avait hébergé Rémi la première et la dernière nuit, le temps qu’il pose ses valises et organise son séjour et son départ. Puis, apparut Fredo, un pêcheur à la retraite : c’était un « homme à tout faire » avec une belle barbe blanche et sa casquette de capitaine qu’il ne quittait jamais. Il animait des soirées avec son accordéon et le récit de ses nombreuses aventures. Il faisait souvent « la Une » des journaux locaux avec quelque personnalité venue le rencontrer. Beau parleur, encore alerte malgré son âge, il ne manquait pas les fêtes ni les bals et s’élançait dans des valses effrénées avec ses « dernières conquêtes ». Il aimait la vie et la vie l’aimait aussi. Rémi revoyait avec plaisir ses deux figures corses qu’il avait tant appréciées. Puis, il se retrouva soudain au sein du maquis dans un petit train qui longeait le sentier des douaniers, traversait des petits villages aux maisons typiquement corses et qui s’arrêtait là où il le souhaitait. Ce train avait été aménagé rien que pour lui et ses amis. Il n’y avait pas de contrôleur ni de billets à composter, par contre, son compte bancaire était rempli de billets déguisés en euros qu’il distribuait au fil de ses rencontres. Il alla à Macinaggio, Rogliano où il descendit pour discuter avec les habitants du coin. Il fit une halte sur la plage de Centuri où il avait rencontré des pêcheurs. Tandis que le soleil dardait ses derniers rayons côté ouest, il alluma un feu dans lequel brûlaient ses contraventions et le dernier rappel du Trésor Public. Il entama une danse de la pluie, au son de l’accordéon de Fredo, en compagnie des voyageurs qui l’avaient observé en gare du Puy. Tout ce monde faisait une chaîne autour du feu, en chantant à tue-tête des airs joyeux. Lorsque la dernière braise éclata en cendres, Rémi remonta dans le train avec tous ses nouveaux amis et y retrouva ses deux chiens qui allaient et venaient en aboyant, mais il ne les entendait pas et les laissait s’exprimer à leur guise : leur voix se perdait dans l’immensité du firmament étoilé. Par quel mystère étaient-ils là, alors qu’il les avait confiés à ses voisins en France? C’est le mystère du rêve où tout devient possible, même l’invraisemblable…

Un rêve dont il fut soudain tiré par : « Votre billet, s’il vous plaît Monsieur ! », c’était le contrôleur du train qui l’interpellait. Dans un demi-sommeil, Rémi tira cette fois son billet de la poche de son pantalon où il l’avait logé après le compostage: précaution oblige pour éviter les pièges de la doublure de sa veste et pour ne pas s’attirer les regards …
« Mais, vous n’êtes pas dans le bon train, Monsieur ! Celui-ci est le Nîmes-Paris. Vous pourrez avoir une correspondance pour Lyon à Clermont-Ferrand, mais il faudra payer un supplément ! » annonça le poinçonneur de billets.

C’en était trop ! Tous ces efforts pour rien et encore des frais de transport alors qu’il ne lui restait que quelques euros! De toute façon, il arriverait trop tard. Dépité, Rémi décida donc de descendre à la prochaine gare et de faire demi-tour. Il s’arrêta à Brioude, prit son sac et voulut profiter du temps d’attente pour téléphoner et s’excuser pour son absence involontaire. Il sortit son téléphone portable qui lui refusa toujours ses services car il n’avait pas fait recharger la batterie. Il partit alors à la recherche d’une cabine téléphonique. Il y en avait une en face de la gare. Son correspondant lui dit de ne pas s’inquiéter : en raison du report de la première réunion, deux autres personnes qui habitaient à Lyon avaient été contactées, en cas d’absence d’un membre du jury, et se tenaient à disposition si besoin était. Rémi serait donc remplacé. Il fut soulagé par cette précaution prise par les organisateurs du concours car il n’aimait pas faillir à ses engagements, même si cela était indépendant de sa volonté.

A son arrivée au Puy en Velay, il héla un taxi qui venait de déposer un voyageur, rentra chez lui et alla se coucher. Il était éreinté par cette journée qu’il avait souhaitée « déstressante » et, au lieu de cela, elle s’était transformée en un véritable cauchemar. Aussi, n’avait-il qu’un désir : retrouver ce rêve qu’il était en train de faire lorsque le contrôleur l’avait réveillé, ce rêve où tous ses soucis s’envolaient les uns après les autres.
Il ne lui restait plus qu’un jour avant d’entamer, en tant qu’enseignant, sa trente-quatrième année scolaire où il allait devoir appliquer les nouvelles instructions transmises par le Ministère de l’Education Nationale. Il n’avait pas encore eu le temps de bien les étudier mais il savait qu’il saurait s’adapter au fil des mois car, il aimait beaucoup sa profession. Ce n’était pas toujours facile certes, de motiver des adolescents ou de jeunes adultes, de susciter leur intérêt et leur attention sur des sujets qu’ils boudaient ou qui leur paraissaient « débiles », de les inviter à lire des ouvrages d’auteurs classiques ou contemporains… Il y avait aussi toutes les préparations de cours, les corrections de copies parfois indéchiffrables et criblées de fautes d’orthographe, les conseils de classe… Tout ce vaste programme attendait Rémi qui ne songeait pas encore à la retraite, d’autant que son échéance reculait d’année en année, en raison des décisions gouvernementales.

Il allait devoir travailler encore pendant une dizaine voire une quinzaine d’années mais, cette perspective ne le déprimait pas parce qu’il aimait son métier. Il ne voulait pas céder à la morosité qui s’était emparée de ses collègues. Il s’estimait heureux d’avoir encore la sécurité de l’emploi alors que tant d’autres étaient menacés par le chômage ou se retrouvaient, du jour au lendemain, chassés de leur usine pour cause de rentabilité insuffisante. Leur employeur préférait délocaliser et exploiter une main d’œuvre moins coûteuse, dans les pays de l’Est. En songeant à tous ces problèmes, Rémi s’estima heureux et oublia le stress de cette journée qu’il venait de passer. Et puis, il était professeur de philosophie, il devait donc se montrer philosophe !

Il revit le déroulement de cette journée stressante et se dit que, somme toute, il était en partie, responsable de ce stress inutile. S’il avait fait réparer sa voiture à Bastia au moment où il avait vu la fuite d’huile ou, s’il avait au moins acheté un autre bidon, il aurait pu aller à Lyon. Mais, il avait préféré reporter la réparation à son retour sur le continent. Il se demanda ensuite pourquoi le sort s’était acharné sur lui lorsqu’il avait pris le train et pourquoi il s’était retrouvé dans la direction opposée à celle qu’il voulait prendre. Il y avait eu, bien sûr, un manque d’attention de sa part mais, cela ne satisfaisait pas son interrogation.
Soudain, la lumière surgit dans son esprit : quelques semaines après qu’il eût appris qu’il avait été choisi comme membre du jury, il était allé un soir, chez son copain Simon. Ce dernier était en train de mettre en page deux poèmes griffonnés sur deux feuilles : l’un était intitulé « Nuit sans fin » signé Simon et l’autre, « Douceur d’une nuit étoilée » signé Eve qui était la troisième du « trio d’amis inséparables ». Les yeux de Rémi avaient eu le temps de parcourir en diagonale les lignes écrites sur les deux pages, avant qu’il ne détourne son regard. Il reconnaissait bien, là, le tempérament pessimiste de l’un et optimiste de l’autre. Lui, il se sentait entre les deux. Il fut troublé par l’émotion qui se dégageait du premier texte écrit dans un style assez rythmé. La fantaisie du deuxième poème dont le style était épuré l’attirait aussi beaucoup. Simon et Eve ignoraient que l’aîné du « trio » faisait partie du jury qui départagerait les lauréats et Rémi apprit, ce soir-là, que le « duo du trio » allait figurer sur la liste des candidats. Il en fut gêné car il craignait de ne pas être totalement impartial : d’abord, lequel des deux textes qu’il avait sous les yeux et dont il connaissait les auteurs choisirait-il et ensuite, quel choix ferait-il entre ces deux poèmes et ceux des autres candidats qu’il ne connaissait pas ? Bien sûr, il y aurait des critères pour l’aider à les apprécier mais, maintenant qu’il savait ce qu’il venait d’apprendre, il souhaitait que Simon et Eve fussent récompensés pour la qualité de leurs écrits. Bien que ce ne fût pas une affaire d’état, ce dilemme l’avait poursuivi inconsciemment et, « la Providence » venait d’y mettre fin en lui évitant de participer à la réunion du jury.
Pour lui, le hasard n’existait pas, il n’y avait que des coïncidences. Il pensait aussi que quoi qu’il arrive, tout était bien. Même si sur le moment, on ne comprenait pas toujours le pourquoi des évènements, l’avenir finissait par nous en donner l’explication, si l’on restait ouvert et vigilant. Seulement, encore beaucoup d’êtres humains avaient ce manque d’ouverture et de vigilance, leur conscience n’était pas suffisamment éveillée. La preuve en était démontrée, chaque jour, dans les actualités : nombre d’entre eux visaient leur seul profit, à n’importe quel prix, au détriment des autres et sans songer aux conséquences sur leur environnement immédiat ou lointain. Ils s’étonnaient ensuite du retour de bâton. Les uns se lamentaient sur les déchaînements de la nature qui manifestait sa colère face au manque de respect à son égard. Les autres subissaient la baisse des prix de leurs produits à cause d’une surproduction pendant que des intermédiaires tiraient une large part du gâteau. D’autres encore s’alarmaient face aux révoltes des pays voisins alors qu’ils les exploitaient…

Tout ce monde « des profiteurs » était admirablement bien organisé : au début de la chaîne, des usines fabriquaient des engrais chimiques, des insecticides, des herbicides, des fongicides, des aliments pour animaux… Ces produits étaient vendus et répandus dans les sols, sur les arbres fruitiers ou donnés aux bétails et aux volailles confinés dans des « ghettos ». Des firmes de l’agro alimentaire transformaient ensuite les récoltes, les productions animales, viandes et poissons, en plats préparés auxquels étaient ajoutés des conservateurs, des exhausteurs de goût, des colorants et assaisonnements parfois frelatés. Les populations étaient ensuite invitées, à coups de slogans publicitaires via les médias, les panneaux d’affichage et autres, à bien jouer leur rôle de consommateurs de ces produits « sur emballés » et vendus parfois par lots …, dans des barquettes en aluminium ou dans des emballages en plastique. A l’autre bout de la chaîne, les responsables des firmes pharmaceutiques se frottaient les mains en voyant l’augmentation des gens malades, déprimés, fatigués et dont l’organisme était carencé en éléments essentiels que les sols appauvris par les engrais chimiques ne fournissaient qu’en faible quantité. A cela, s’ajoutait un stress grandissant dû aux difficultés rencontrées au travail, dans les transports et les problèmes du quotidien. Les ventes des médicaments allopathiques allaient bon train et remplissaient les comptes bancaires de tous les « décideurs », P.D.G., gouvernants parfois « soudoyés »… On empoisonnait, on créait des carences d’un côté et l’on se félicitait de « bien soigner » de l’autre : le système était presque parfait.
Mais, des producteurs encouragés par des « consom-acteurs avertis » refusaient d’entrer dans ce système et s’organisaient pour proposer des produits naturels, pour élever leurs animaux dans des conditions saines et vendre leurs productions de façon équitable. Qu’à cela ne tienne ! De nouvelles mesures européennes de plus en plus draconiennes leur étaient imposées. Ainsi, finiraient-ils par se lasser ! Quelques primes étaient accordées à ceux qui acceptaient de se soumettre aux conditions, afin de les inciter à se taire…D’année en année, le nombre d’agriculteurs et d’éleveurs diminuait. Certains même s’étaient suicidés à cause des lourdes charges qui pesaient sur leur dos ou à cause des emprunts qu’ils ne parvenaient plus à rembourser : on les avait encouragés à agrandir leur exploitation, à produire davantage, ce qui entraîna des surproductions et, par le fait même une baisse des prix des produits agricoles tandis que les matières premières continuaient à augmenter. La faille du système s’agrandissait peu à peu et, les gouvernants ne savaient plus comment y pallier sans qu’il n’y ait de pertes budgétaires. Les pays dits « pauvres » s’appauvrissaient de plus en plus pour nourrir les animaux et les machines des pays dits « riches » parce qu’on les obligeait à cultiver des céréales qui allaient servir à la fabrication des aliments du bétail et des « biocarburants ». Certains décideurs avaient flairé la rentabilité du « Bio » et avaient aussitôt sauté sur l’aubaine pour créer une nouvelle chaîne. Les populations des pays en voie de développement avaient de moins en moins de terres pour cultiver leur propre nourriture mais, l’important était que les riches pussent continuer à s’enrichir dans « un confort trop luxueux » pendant que les plus pauvres grappillaient les miettes dans « un inconfort trop misérable ».
Depuis longtemps, des hommes et des femmes tiraient la sonnette d’alarme face à tous ces scandales, mais ils étaient considérés comme des « êtres illuminés » et, les « tout- puissants » faisaient la sourde oreille, jusqu’au jour où des scientifiques ont commencé à prendre au sérieux la dégradation de notre planète et à crier les menaces de risque de non retour, si rien n’était fait. La Nature elle-même était en train d’intervenir pour cette prise de conscience: déchaînements des éléments, fonte de la banquise, changements climatiques, disparitions d’espèces animales, progression des déserts, agonie des mers, des fleuves et des rivières…

Rémi ne jugeait personne parmi ses semblables pas même les plus vils ni les plus criminels. Il condamnait seulement leurs actes déclenchés sans doute, par quelque évènement douloureux qu’ils n’avaient pas su ou pu surmonter pour x raisons. Il avait lui-même connu des périodes de détresse morale mais, il avait eu la chance d’être entouré par des personnes compréhensives qui l’avaient aidé par leur affection et leur écoute. S’il n’avait pas eu ce soutien, peut-être serait-il tombé lui aussi dans l’enfer de la déchéance et de tout son cortège de mauvaises actions. Il condamnait surtout le comportement trop égoïste des profiteurs insouciants. Il savait que, comme le jour avait besoin de la nuit pour exister, le Bien avait aussi besoin du Mal pour avancer et lui-même avait besoin des épreuves pour progresser. Toutefois, il ne parvenait pas à admettre qu’il y eût autant d’injustices et de laisser aller. Il avait conscience que la vie terrestre était une école qu’il fréquentait depuis bientôt 55 ans et que les jours, les mois ou les années qu’il lui restait à vivre ne suffiraient pas à comprendre ce monde dans lequel il se trouvait. Il savait que la Vie lui présenterait « les leçons mal comprises » autant de fois que nécessaire jusqu’à leur parfaite assimilation. Et, ce qu’il considérait comme sa vérité aujourd’hui et qui n’était pas la « Vérité », lui paraîtrait peut-être comme une erreur demain. Cela faisait partie de son évolution.

Au fil des années, il devenait plus avide de Connaissance que de savoirs. Il aurait aimé « sentir » l’impalpable, « entendre » l’invisible, « toucher » l’inaudible avec d’autres sens que ses sens physiques qui le laissaient sur sa faim. Il cherchait à éveiller ces sens-là par la méditation ou par la contemplation de la beauté que lui offrait la Création. Il était avide de ce monde qui lui échappait et que ni la Science ni les meilleures performances technologiques ne pouvaient lui montrer. Parfois, il se sentait comme un être assoiffé, perdu dans le désert, en quête d’un filet d’eau pour se désaltérer. Il aurait aimé avoir un avant-goût de ce monde-là avant de prendre « le dernier train » ou le « dernier bateau » qui le conduirait sur « l’autre rive ». Il était persuadé que cet autre monde existait car, bien des fois, il avait eu des flashs, des intuitions, des prémonitions… D’où cela lui venait-il ? Il lisait des ouvrages de grands Maîtres qui transmettaient leurs connaissances et il tentait d’appliquer leurs conseils. Chaque fois qu’il en avait l’occasion, il allait à la rencontre d’Etres qui respiraient la Sagesse et la Bienveillance, pour s’en imprégner.
Il avait voyagé en Inde, en Amérique du Sud, au Nicaragua et avait logé chez l’habitant, il était allé à Madagascar…, pour partager avec ces peuples lointains leur mode de vie, pour connaître leurs richesses de cœur et comprendre leurs problèmes. Il appréciait également la compagnie des personnes âgées qu’il allait visiter et qui lui faisaient part de leurs secrets « d’anciens expérimentés » et lui transmettaient les fruits de leurs expériences, ou celle de ses parents, à l’esprit encore jeune, qui, par l’exemple de leur vie, lui avaient beaucoup appris.

Il essayait d’éveiller l’esprit de ses étudiants en leur disant parfois : « Faites ce que je vous dis mais pas toujours ce que je fais. Je ne suis pas toujours un bon exemple ». Il avait apprivoisé l’humilité au cours d’expériences, malheureuses sur le moment, mais qui se révélèrent profitables par la suite. Il faisait appel à l’humour lorsqu’il était pris en flagrant délit et riait de sa personne. C’est ainsi qu’il avait compris que « Tout est bien » et que la Justice de la Vie n’avait rien à voir avec celle des hommes : la Vie savait où Elle les conduisait alors qu’eux ignoraient où ils allaient. Fort de ses convictions, Rémi avait pris la résolution de ne plus s’énerver pour un rien et de laisser s’écouler son destin mais, cette dernière journée venait de lui prouver qu’il avait encore beaucoup d’efforts à faire…
C’est sur ses dernières pensées qu’il plongea dans les bras de Morphée où de nouveaux rêves l’éloignèrent de ses préoccupations et le rapprochèrent de ses aspirations.

Quelques jours plus tard, il reçut deux lettres en provenance de Lyon. La première lui annonçait que le Jury avait attribué le Premier Prix de poésie à Simon Envers et à Eve Vasion : l’un se distinguait par la qualité de l’expression et l’autre par son originalité. Comme les deux avaient obtenu le même nombre de points selon la liste des critères, le jury avait décidé de les classer ex-æquo. Il se sentit comblé.
La seconde lettre venait de son éditeur qui lui faisait part de son accord pour la publication de sa dernière Nouvelle et lui demandait quel en était le titre. Un employé de la SNCF avait trouvé le manuscrit sur un siège du train Nîmes-Paris et l’avait envoyé à l’adresse qui se trouvait sur la dernière page. Rémi sourit en se disant que le Ciel était toujours avec lui, il remercia par la pensée cet employé, pour sa délicatesse, et décida d’intituler sa dernière œuvre :

« Vite, j’ai un train à prendre… !
Monola

Agnes - La Parole

Publié le 10/11/2008 à 12:00 par musimot
Louise cause, parle, écrit.

Chaque mot a son importance, sa sonorité, son sens.

Sa vie a débuté brutalement, violemment. Elle s'est déroulé comme une rivière tumultueuse entre souffrance et bonheur, violence et plaisirs, non-dits, désirs, pour s'épanouir dans la réalisation de l'écriture.

Dans sa tête les mots se bousculent pour dire, pour raconter, pour exprimer les sentiments, les douleurs et les joies.

C'est avec beaucoup de soin qu'elle choisit ce qu'elle dit. C'est avec beaucoup d'émotion qu'elle les écrits dans sa poésie ou ses romans.

Louise est souvent envahie par les mots, ils coulent en cascade et finissent par s'inscrire sur le papier.

Si le papier ne suffit pas, ils sortent en flots de paroles telles des grappes fleuries, des boulets de canon ou des rafales de mitraillette.

L'excitation dans la parole est telle qu'elle dépasse parfois sa pensée mais qu'importe, elle pousse les arguments jusqu'aux extrêmes, par provocation ou par désir de convaincre.

Louise peut aussi être avare de parole, si ce n'est pas le moment, si son esprit est trop occupé. Ne pas la gaspiller est aussi important que de la laisser couler.

Le moment aussi est primordial. Le matin est excellent pour causer et commenter la vie politique ou évoquer les projets. La journée est consacré davantage à la parole écrite, silence donc, don't disturb ! Le soir est réservé à la parole tendre, celle des sentiments, celle qui rassure ou qui encourage, celle des secrets, des serments, des promesses, du désir, du plaisir.

La parole de Louise est légendaire. Elle commence à circuler sur les hauts plateaux et à se répandre dans les vallées avoisinantes. Elle l'expose, la transmet, parle fort ou la murmure, l'accorde avec le piano, la chante presque.

Elle la chante avec le soleil qui coule dans ses veines n'hésitant pas à la transformer quelque peu ou à utiliser des mots un peu estrangers !

Vous pouvez toujours essayer de lui expliquer qu'on ne prononce pas les mots comme ceci ou comme cela. C'est vain, inutile. Sa parole est l'expression de sa personnalité. L'une et l'autre se sont épousées il y a bien longtemps, depuis qu'elle a appris à parler et à lire.

Agnes



Christine - NouvLouise

Publié le 30/09/2008 à 12:00 par musimot
Au désarroi de tous, personne n’a plus de nouvelles de Louise.
En page 5, l’annonce est faite ….

Au centre du village, les stands fermés de la fête foraine sont tristes après trois jours de fête votive, de musique fracassante comme le choc des autos-tamponnantes et de joie criarde des enfants.
Les avions sont redescendus des étoiles , leur nez pointé vers le sol.

Sur la place, le banc - qui aurait pu l’accueillir s’il avait existé - est vide de sa présence, ce pays aux confins des terres n’est balayé que par un vent froid au lieu de son regard qui s’étendait chaleureux, tout rempli de la beauté des hautes terres et d’une certitude de vie.
Que se passe t-il en ce début d’hiver  juste avant l’arrivée du soyeux des flocons et l’attente d’une immensité de silence sur la blancheur du paysage glacé ?

Poussé par la curiosité et l’inquiétude de l’absence, regardant par la fenêtre, à travers le voile des rideaux de vichy bleu, on aperçoit la tasse de café, quelques morceaux de biscotte et le pot de confiture de fraises.

Le poêle ne ronronne plus, la braise - il y a peu encore incandescente - s’est réduite en cendres. Sur le buffet, dans le compotier en Moustiers, la figue noire et juteuse – reste d’un été de soleil - trône au-dessus de quelques pommes tordues et piquetées.

Pourquoi ce départ  ? Ouf, Puce , la petite chatte grise est là qui se délecte de quelques miettes. Louise n’en a pas pour longtemps, elle ne saurait tarder.

Est-elle partie chercher la chaude et douce lumière du pays insouciant de son enfance, et rapporter au pays du haut, les odeurs multiples des fruits, des légumes et des herbes de Provence ?

Qu’a-t-elle emporté dans son sac à main  en vieux cuir?
La saveur d’un soir d’été, la blancheur d’une nappe de brouillard, l’immensité du paysage aux confins des terres ou la chaleur des nombreuses rencontres.
Elle reviendra avec un plein d’Utopie pour l’espérance des jours et des années à venir.

Bientôt de retour dans cet espace-liberté qu’elle a tant espéré pour se fondre dans cet espace-cocon qu’elle a patiemment créé et amoureusement aménagé.

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Chacun de nous lecteurs, surveillons le blog de Monique qui nous l’annoncera .

Monique, ne tarde pas trop ! Louise est devenue une personne précieuse, début d’amitié, intensité de relations dont l’absence de nouvelles nous pèse même si nous respectons sa liberté.
Et puis que deviendra Puce … sans la bonne odeur de café et les caresses rassurantes de sa maîtresse.

Christine


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